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CO de nuit: petite équipe, grande expertise

 

Dans le cadre de notre série Sous les projecteurs

Pendant qu’une majorité d’entre nous dormons, nos collègues chefs d’opérations de nuit sillonnent le réseau bus, dans leur véhicule de service, veillant à la bonne marche des opérations. En soutien aux chauffeurs sur la route, ils écoutent, observent, rencontrent, assistent et trouvent des solutions.

En tout, le secteur bus regroupe 138 chefs d’opérations ou CO comme on les appelle plus communément. L’équipe de nuit, composée de cinq personnes, bientôt six, en fait partie. À eux cinq, Michel, François, Josée, Thierry et Duy cumulent un bagage impressionnant d’expertise et de connaissances terrain. Il faut dire qu’avant d’occuper l’emploi actuel, la plupart d’entre eux ont aussi déjà été chauffeurs ou CO de jour, ou les deux.

Si certaines des tâches du CO de nuit ressemblent à celles de son collègue de jour, l’environnement de travail est différent. Une des principales distinctions est le temps passé sur la route. Un CO de jour va consacrer en moyenne 40 % de son temps à du travail de gestion, pour soutenir et superviser au quotidien l’équipe de chauffeurs qui lui est spécifiquement attitrée. Le reste de son temps sera passé sur la route. À moins d’exception, le CO de nuit va plutôt œuvrer sur la route 100 % de son temps.

Un travail gratifiant

Le CO de nuit Michel Di Croci.

Pour le CO de nuit Michel Di Croci, c’est encore le côté humain de l’emploi qu’il trouve le plus gratifiant, après 15 ans à exercer ce métier. « La collégialité, les liens qu’on tisse entre collègues, car ce sont souvent les mêmes personnes qu’on croise, est ce qui me motive encore aujourd’hui. Il y a comme une sorte de confrérie des personnes qui travaillent de nuit. D’une certaine façon, je trouve très réconfortant cet aspect de mon travail. »

Même écho chez les autres collègues, la relation privilégiée avec les chauffeurs qu’ils côtoient donne un sens à leur travail. « J’aime beaucoup interagir avec les chauffeurs et la clientèle, en plus d’être présent et en soutien sur les quais du métro, veiller au bon déroulement du service et à la sécurité de tous », explique François Di Re.

Choisir de travailler de nuit

Même quand on fait le choix de travailler de nuit, l’horaire atypique continue de constituer un défi. Il faut rester vigilant et maintenir une bonne hygiène de vie. Pour Duy Ngo, qui travaille comme CO de nuit depuis 2020, ça reste un défi. C’est aussi le conseil qu’il donnerait à un futur collègue : ne pas négliger ses heures de sommeil. Le plaisir à pratiquer ce métier vient aussi du fait qu’il faut savoir prendre soin de soi.

Josée Charpentier, qui est à quelques semaines de prendre une retraite bien méritée, a choisi de travailler de nuit. C’était il y a 11 ans. « J’aime ce travail qui m’offre l’occasion de rencontrer les chauffeurs sur le quart de soir et de nuit, car on a plus de temps lorsqu’il n’y a pas d’évènements ponctuels ou de tâches à exécuter. On peut aussi échanger avec eux sur les améliorations à faire sur le réseau. Nos chauffeurs de nuit aiment partager leurs suggestions et savent qu’on leur donnera du feedback. » Le surintendant réseau, Éric Boucher, est particulièrement fier de cette gestion « de proximité » chère à son équipe, une approche qu’encourage aussi la direction Bus.

Autonomie et débrouillardise

Un travail de nuit, à la différence de jour, c’est parfois aussi travailler en solitaire et ne pas pouvoir obtenir, en temps réel, un renseignement recherché ou un avis additionnel. Thierry Piron, qui a lui-même travaillé de nuit pendant 12 ans avant d’arriver à la STM, estime que le métier de CO de nuit requiert « un bon sens de l’initiative, de l’autonomie et de la débrouillardise, car sur le terrain on doit souvent prendre seul ses décisions. La nuit, il est toujours possible de communiquer avec nos deux autres collègues en service, mais eux aussi peuvent être occupés sur des appels ou des urgences. Une chose est sûre : on s’ennuie rarement car chaque nuit est unique. »

Puis, il y a aussi des avantages à ce contexte particulier, comme le souligne Michel Di Croci : « Je dis souvent qu’un CO de nuit, c’est quelqu’un qui a les deux pieds sur le trottoir, en tout temps. Il est sur le terrain, dans l’action. Il voit les choses en direct, peut ressentir ce que le chauffeur ressent, peut vivre ce que la clientèle vit. Cette connexion et cette proximité aident aussi à la prise de décisions, et à trouver les solutions les mieux adaptées. »

Elle a beau travailler dans l’obscurité de la nuit, cette petite équipe, tricotée serrée, apporte assurément beaucoup de lumière, et de chaleur, aux collègues qu’elle soutient. Nuit après nuit.

Les CO de nuit Duy Ngo, François Di Re, Josée Charpentier et Thierry Piron.

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